Accueil > Blog > Terry Fox, la résilience au service de la recherche

Terry Fox, la résilience au service de la recherche

  • par
Terry Fox running

Rebondir face à la maladie

Amputé de la jambe droite à l’âge de 18 ans à la suite d’un cancer, le jeune Terry Fox a décidé de consacrer le reste de sa vie à lever des fonds pour la recherche en se lançant dans une course de 8.000 km à travers tout le Canada. Sa force de caractère, son courage, sa ténacité et sa détermination lui ont permis de rebondir, de donner un sens à sa vie, et de devenir le symbole de la lutte contre le cancer au Canada. 

Terry n’a malheureusement pas remporté son combat contre la maladie, mais l’engouement que son projet a suscité et son influence positive se font encore sentir aujourd’hui. La Fondation Terry Fox, créée en son honneur, est l’un des principaux investisseurs canadiens dans la recherche contre le cancer. Chaque année, la Terry Fox Run est un événement de bienfaisance majeur qui rassemble plusieurs millions de participants à travers le monde.

Terry Fox est véritablement ce que nous appelons un Influacteur. Il a décidé de rebondir là où nous aurions été nombreux à nous laisser abattre, et il a mis en place son projet malgré l’adversité. Son courage a touché des millions de personnes. Presque quarante ans après sa mort, son influence positive continue à rayonner et à sauver de nombreuses vies grâce aux avancées financées par son Marathon de l’Espoir. Véritable légende au Canada, l’histoire émouvante et inspirante de Terry fox est généralement peu connue en Europe. C’est pourquoi nous avons voulu la partager avec vous aujourd’hui.

Une jeunesse sportive

Terrance Stanley Fox, dit Terry Fox, est né le 28 juillet 1958 à Winnipeg, dans la province du Manitoba, au Canada. Il fait preuve dès son plus jeune âge d’un esprit de compétition très prononcé et d’une passion pour le sport. Terry s’essaye au football, au rugby et au baseball, mais c’est finalement le basketball qui deviendra son sport de prédilection. De petite taille, sa ténacité et sa persévérance lui permettent de s’imposer face à des joueurs bien plus grands. Sur les conseils de son coach, Terry s’entraîne aussi régulièrement à la course de fond.

En novembre 1976, Terry Fox sort indemne d’un accident de voiture, à l’exception d’une douleur au genou droit à laquelle il n’accorde pas beaucoup d’importance. La douleur persiste, mais Terry décide de terminer malgré tout sa saison de basket et ne retourne à l’hôpital qu’en mars 1977. Des examens approfondis montrent que l’accident n’y est pour rien : Terry souffre d’un ostéosarcome, une forme rare de cancer des os, et sa jambe doit être amputée. 

Fox est sur pied trois semaines après l’opération, et entreprend une chimiothérapie qui durera seize mois. Durant celle-ci, il est très affecté de voir d’autres patients souffrir et décéder de leurs cancers, et il se fixe un nouvel objectif : Contribuer à aider la recherche médicale et redonner de l’espoir et du courage à ceux qui sont touchés.

young Terry Fox

Le Marathon de l’espoir

Inspiré par Dick Traum, le premier coureur à terminer le Marathon de New York avec une prothèse de jambe en 1978, Terry décide de reprendre ses entraînements de course à pied. Le 2 Septembre 1979, Terry termine une course de 17 miles (27 km) à la dernière place, mais sous les applaudissements des autres participants. Son objectif est en réalité beaucoup plus ambitieux, il veut en effet traverser tout le Canada d’Est en Ouest.  Il prévoit un périple de plus de 8.000 km, en courant 42 km par jour, dans le but de lever des fonds pour la Société canadienne du cancer

Le but initial de la course, appelée le Marathon de l’espoir, est d’amasser une somme de 1 million de dollars (canadiens) pour la donner à la recherche. Terry écrit de nombreuses lettres et trouve quelques sponsors : Ford lui procure un camping-car, Imperial Oil, filiale canadienne d’Exxon, fournit l’essence et Adidas lui offre ses paires de chaussures. Fox n’accepte que les donations, et refuse tout contrat qui impliquerait une quelconque contrepartie. Son meilleur ami Doug Alward conduira le van et préparera les repas…

Un début Difficile

Le 12 Avril 1980, Terry Fox trempe sa jambe artificielle dans l’Océan Atlantique près de Saint John’s, sur la pointe Est de l’île du Newfoundland, et remplit deux bouteilles d’eau de mer. Il en gardera une en souvenir, et compte verser la deuxième dans le Pacifique une fois arrivé à Victoria, à l’extrémité Sud de l’île de Vancouver, but du voyage. Seule une petite équipe de télévision locale assiste au départ, et Terry est relativement déçu par le manque d’engouement lors des premières étapes. 

Le neuvième jour, les habitants du village de Gambo viennent l’encourager et effectuer les premières donations. Le 24è jour, les habitants de Port-Aux-Basques, dernière étape du Newfoundland, lui donnent les 10.000$ qu’ils ont réussi à récolter, soit un dollar par habitant de la ville. Ce sera dorénavant le nouvel objectif du Marathon de l’Espoir : un dollar pour chaque habitant du Canada, soit un total de 22 millions de dollars pour la recherche contre le cancer. 

A son arrivée à Montréal le 22 Juin, ayant parcouru environ un tiers de la distance, Terry a récolté un total de 200.000$. C’est là qu’il attire l’attention d’Isadore Sharp, le fondateur de la chaîne d’hôtels Four Seasons, dont un fils est décédé du cancer peu de temps auparavant. Sharp lui donne le gîte et le couvert dans ses hôtels situés le long de la route, mais promet surtout de faire une donation de 2$ par mile parcouru et utilise son réseau pour encourager un millier de sociétés canadiennes à faire de même. 

L’effet boule de neige

La popularité du Marathon de l’espoir grandit de jour en jour. Quand Fox arrive à Ottawa quelques jours plus tard, le jour de la fête nationale, des milliers de personnes sont dans la rue pour l’acclamer. Il est également reçu par le premier ministre Pierre Trudeau, le père de Justin, et est l’invité d’honneur de plusieurs cérémonies sportives. La Société canadienne du cancer organise maintenant des événements et des discours lors de chaque étape, et les dons affluent en masse. 

Terry Fox se sent porté par tout un peuple et sa motivation est au maximum, mais son corps souffre de plus en plus. Terry ne s’accorde aucun jour de repos et court un marathon complet par jour depuis quatre mois, avec une prothèse des années 1980. On est encore très loin des lames de carbone qu’utilisent les coureurs paralympiques de nos jours. Il souffre d’inflammations, de tendinite, de vertiges et de kystes à la jointure de sa prothèse. Fox refuse de faire une pause pour consulter un médecin et continue sa course grâce aux antidouleurs. 

Une fin tragique

Le premier Septembre 1980, alors qu’il traverse la ville de Thunder Bay sur le bord du Lac Supérieur, Terry Fox est pris d’une violente quinte de toux et de douleurs dans la poitrine. Il n’a pas d’autre choix que de se rendre à l’hôpital, et le diagnostic fatidique tombe. Le cancer est revenu et a atteint les poumons. Après 143 jours et 5,373 km, Terry Fox est obligé de mettre un terme au Marathon de l’Espoir. 

A ce stade de la course, il aura récolté 1.7 million de dollars, et un téléthon organisé une semaine plus tard en son honneur permettra d’en récolter encore 10.5 millions. Les donations se poursuivent pendant l’hiver, et au mois d’Avril elles atteignent le total de 24 millions de dollars. L’objectif est atteint, Terry Fox a récolté un dollar pour chaque habitant du pays.

Fox suit plusieurs chimiothérapies dans les mois qui suivent, et souhaite toujours reprendre son parcours une fois rétabli, mais malheureusement la situation ne s’améliore pas. Les messages de soutien affluent de tout le Canada et du reste du monde. Le pape Jean Paul II lui envoie un télégramme, l’assurant de ses prières, et Terry est fait Compagnon de l’Ordre du Canada. Mais le cancer progresse inexorablement, et Terry Fox s’éteindra le 28 Juin 1981 à un mois de son 23e anniversaire. Les drapeaux seront mis en berne dans tout le pays, et le Premier ministre déclare :

« Il arrive très rarement dans la vie d’une nation que l’esprit courageux d’une personne unisse tout un peuple dans la célébration de sa vie et dans le deuil de sa disparition… Nous ne pensons pas à lui comme quelqu’un qui a été vaincu par l’infortune, mais comme quelqu’un qui nous a inspiré par l’exemple du triomphe de l’esprit humain sur l’adversité. »

Terry Fox Memorial

L’influence positive

Terry Fox reste une figure très importante de la culture canadienne et une source d’inspiration pour toutes les générations. Sa détermination, son engagement et sa persévérance sont donnés en exemple. Il a également contribué à renforcer l’image positive des personnes souffrant de handicap, montrant que ce qui est perçu comme une limitation peut devenir une source d’opportunité. 

Le 13 septembre 1981, Isadore Sharp et la famille de Terry Fox décident d’organiser une course en hommage à Terry, tous les participants se faisant parrainer pour lever des fonds pour la recherche contre le cancer. Lors de la seconde édition en 1982, de nombreuses écoles canadiennes décident de participer à l’évènement et l’engouement n’a fait qu’augmenter au fil des ans. Depuis sa création, la « Terry Fox Run » aura permis de récolter plus de 750 millions de dollars au total pour la recherche contre le cancer. 

Nous avons été émus par l’histoire de ce jeune homme, par sa faculté de résilience et par la façon dont son influence positive se fait encore sentir de nos jours. Nous espérons qu’elle vous aura touché aussi…

Notez cet article

Sélectionnez le nombre d'étoile pour voter :
[Total: 1 Average: 5]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.