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S01#15 Steven Beckers – BIGH Farm – Utopiste et Réaliste !

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Steven Beckers est un architecte belgo-anglais qui a inscrit toute sa carrière dans ce que l’on pourrait qualifier de durable ou responsable. Depuis son premier projet, en gagnant déjà un prix « sustainability » en 1985, pour un hôtel au Maroc, jusqu’à aujourd’hui où il développe le projet BIGH à Bruxelles (Anderlecht). Le projet BIGH, c’est une ferme aquaponique sur les toits du marché situé sur le site des abattoirs d’Anderlecht. 

C’est son grand-père, André Beckers (ingénieur qui a construit l’Amomium) qui est à l’origine de sa passion pour les projets ambitieux, mis il puise également son inspiration dans l’approche « Cradle to cradle » de Michael Braungart et Bill McDonough et dans les lectures du philosophe néerlandais Rutger Bregman. Vous le découvrirez dans cet épisode, Steven Beckers a travaillé dans le monde entier et est à l’origine de nombreux projets. S’il a géré les travaux du Berlaymont, il a aussi fondé une ONG en Éthiopie et est à l’origine également de la Lateral Thinking Factory. Bref, vous l’aurez compris, Steven Beckers est un architecte de renom qui se met entièrement au service de projets durables et responsables, mais toujours réalistes, car sans viabilité économique, rien ne fonctionne.

Le durable en fil rouge pour Steven Beckers

Depuis toujours Steven Beckers pense et dessine ses projets en y incorporant la notion de durabilité. S’il y a bien un fil rouge à suivre tout au long de ses projets, c’est celui-là. Quand on discute avec Steven, une chose vous saute directement aux yeux. Il le dit lui-même d’ailleurs. C’est qu’il est résolument positif. Il aime faire avancer les choses plutôt que de voir les problèmes. Il a travaillé à Londres, en Suisse, en Éthiopie et en Chine pour n’en citer que quelques-uns. Et, dans tous ses projets, l’approche durable a été au centre.

En Belgique, par exemple, pays dans lequel il s’est occupé du Berlaymont pour la Commission européenne, il s’est battu pour éviter le plus possible d’utiliser du PVC. Même les casinos qu’il a dessinés ont été pensés de cette manière. Quand on lui demande d’où lui vient cette envie de faire toutes ces choses, il vous répond que c’est son grand-père qui l’a inspiré. 

Une influence déterminante pour Steven Beckers.

André Beckers, le grand-père de Steven, est l’ingénieur qui a construit l’Atomium pour l’exposition universelle de 1958. Ce n’est pas lui qui l’a dessiné, certes, mais c’est sans doute à lui que nous devons le fait qu’il soit encore debout.

De ce grand-père, Steven Beckers garde le souvenir d’un homme entreprenant dans le domaine de l’ingénierie, mais surtout d’un homme à la curiosité insatiable. Il avait cette capacité de s’intéresser à plein de choses et de se poser sans cesse des questions. C’est sans aucune hésitation que Steven le mentionne quand on lui demande les personnes qu’il admire ou qui l’ont inspiré.

Le projet BIGH.farm

Lors d’un de ses voyages professionnels en Chine, Steven Beckers a été invité à conseiller le gouvernement chinois. En effet, dans certaines grandes villes, il n’y a quasiment plus de possibilité pour la population d’avoir accès à des produits frais. Comment est-ce possible. Tout simplement parce que l’urbanisation a vu les agriculteurs se faire déposséder de leurs terres et que ces derniers habitent désormais dans de petits appartements. Bref, plus d’agriculture puisque la ville est venue se construire sur les champs.

Plus de champs, mais bien des agriculteurs disponibles. Telles sont les données du problème. La solution ? Faisons en sorte que ces agriculteurs puissent cultiver et exploiter les toitures des immeubles… Mais avant de proposer cette solution, Steven Beckers veut la tester. C’est donc en 2013 que naît le projet de ferme aquaponique sur le toit d’un bâtiment. Le meilleur endroit pour le tester, c’est près de chez lui, à Bruxelles. Après des mois de réflexion de design et d’introduction de permis, le projet débute enfin au second semestre 2017 pour être pleinement opérationnel en 2018.

L'équipe BIGH
L’équipe BIGH.farm

Les bienfaits de ce projet.

Avec la culture en aquaponie, c’est 50 fois moins d’eau qui est utilisée. De plus, il n’y a aucun antibiotique utilisé pour la culture des truites saumonées élevées dans les bassins. Encore moins de pesticides sur les légumes et les herbes aromatiques cultivées. On va même plus loin puisque les parasites sont combattus de manière intégrée par l’introduction de leurs prédateurs. Enfin, la pollinisation se fait par des bourdons. Bref, c’est un milieu naturel qui est recréé sur le toit du bâtiment du marché des abattoirs d’Anderlecht. Un véritable vaporisateur de biodiversité. Allez sur le site de BIGH (lien en fin de l’article) pour voir les horaires d’ouverture. Puisque, en effet, cette installation se visite. La ferme BIGH, c’est un écosystème 100% naturel dans un milieu 100% artificiel.

sur le toit
Steven Beckers en interview à côté de BIGH
Plants de tomates
Tomates cerises chez BIGH
Les herbes
Les toits, encore les toits…

L’influence de Cradle to Cradle et de Rutger Bregman

Steven Beckers est considéré par sa fille comme un utopiste réaliste. Eh c’est ce qu’il a trouvé par la suite en se plongeant dans l’oeuvre de Rutger Bregman dont on vous met les ouvrages principaux dans les références ci-dessous. (« Utopia for realists » et « Human Kind »). En effet, changer le monde ne se fait que par l’action et en rendant les choses utiles et viables. Les projets répondent donc toujours à une logique locale, écoresponsable et rentable économiquement. 

Il a aussi fait la connaissance de l’ancien directeur de Greenpeace Michael Braungart qui avec l’architecte Bill McDonough est à l’initiative de ce qu’ils appellent le « Cradle to Cradle ». Littéralement du berceau au berceau. Cette façon de voir les choses, le monde et les projets s’inscrit dans une étude totale de faisabilité d’un recyclage continu. C’est une philosophie d’écoconception qui démontre qu’il est possible d’avoir une empreinte positive sur l’environnement et la santé. 

En gros, quelques principes « simples » régissent cette philosophie. Le premier principe n’est pas étonnant quand on sait que Michael Braungart est professeur d’université en chimie. Il s’agit du principe qui dit que tout déchet est un nutriment… en gros : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Le deuxième principe est celui d’utiliser les énergies renouvelables et le troisième principe est celui qui demande de s’appuyer sur la diversité des ressources locales à disposition. Bien d’autres principes viennent s’ajouter, mais avec ces trois-là, on voit déjà l’impact positif que ça peut avoir.

Pour conclure

Steven Beckers changerait une seule chose s’il devait recommencer. Cette chose serait de mieux s’associer pour déléguer la gestion de ses affaires. Soit il décidait de faire tout tout seul et ça n’allait pas, soit ça l’embêtait et il déléguait de façon aveugle. Il donne donc le conseil de bien choisir les personnes auxquelles on délègue.

La citation qu’il nous donne est celle de Michael Braungart qui, au premier abord paraît bizarre, mais qui, quand on se penche dessus, prend tout son sens :

« Si les bâtiments sont comme des arbres, alors les villes sont comme des forêts ! »

Michael Braungart

Pour vous expliquer ça, je vous suggère d’aller écouter le podcast avec Steve Beckers, non seulement parce qu’il parle bien, mais parce qu’il explique bien et que c’est bigrement intéressant comme projet.

D’ailleurs, on souhaite à Steve encore bien des projets et de beaux projets, tant privés que professionnels.

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Un grand merci à Ruben pour l’habillage sonore du podcast. La musique vous plait ? Retrouvez le sur Soundcloud.

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