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Jane Goodall, l’experte des chimpanzés

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Jane Goodall et un chimpanzé
Fernando Turmo/the Jane Goodall Institute

Jane Goodall

Presque tout ce que nous savons sur les chimpanzés aujourd’hui, nous le devons à Jane Goodall. Ethologue et anthropologue britannique, Jane Goodall a étudié nos proches cousins pendant plus de soixante ans. Ses travaux ont profondément transformé la vision que nous avions de ces animaux, ainsi que les rapports entre les êtres humains et les animaux. Jane se consacre également à la défense de l’environnement, à la vie en harmonie avec la nature et à la protection des animaux. Elle a créé le Jane Goodall Institute, dédié à la protection des chimpanzés, à l’éducation et au développement des populations locales.

Née le 3 avril 1934 à Londres, Jane part au Kenya à l’age de 23 ans sans diplôme universitaire, et devient la secrétaire de l’archéologue et paléontologue Louis Leakey. Sur les conseils de Leakey, elle s’installe dans la région du lac Tanganyika, en Tanzanie, pour y observer les mœurs des chimpanzés. Les découvertes de ses cinq premières années d’observations lui permettront de décrocher un doctorat en éthologie, l’étude du comportement des espèces animales, au Darwin College de l’Université de Cambridge. Ses recherches vont également bouleverser la vision que l’on avait à l’époque des chimpanzés.

Parc National de Gombe
Parc National de Gombe

Le Parc National de Gombe

Jane Goodall arrive en Tanzanie en 1960, à l’âge de 26 ans. Elle s’installe près des gorges d’Olduvaï, un des plus importants sites préhistoriques d’Afrique. Louis Leakey pensait que l’étude des grands singes pourrait donner des informations sur le comportement des premiers hominidés. La région, qui deviendra le Parc National de Gombe en 1968, comporte en effet une importante population de chimpanzés que Jane pourra étudier.

N’ayant pas de formation académique, Jane Goodall emploie pour ses recherches des méthodes qui différent un peu de ce que faisaient les scientifiques de l’époque. Elle donne ainsi un nom à chaque chimpanzé qu’elle étudie, au lieu de simplement les numéroter. Elle observe qu’ils ont chacun une identité et une personnalité distincte. Ils sont également capables de toute une gamme d’interactions sociales, et développent des liens affectifs entre membres d’une même famille ou d’un groupe. Jane Goodall va faire deux découvertes particulièrement surprenantes concernant les chimpanzés: Premièrement, que les chimpanzés sont capables d’utiliser des outils. Et deuxièmement, qu’ils ne sont pas végétariens comme on le pensait à l’époque.

Ils utilisent en effet des brindilles qu’ils introduisent dans les termitières pour y « pêcher » les termites. Ils préparent également leurs brindilles à l’avance, en enlevant les feuilles qui y sont attachées. C’est rudimentaire, mais c’est le début d’une fabrication d’outil. Jusque-là, la communauté scientifique pensait que les hommes étaient les seuls animaux à utiliser des outils. Cette découverte bouleversante vient donc remettre en question le caractère unique de l’être humain.

Colobes (Colobus)
Colobes (Colobus)

La guerre de Gombe

A côté de ces comportements pacifiques, Jane Goodall remarque également un côté plus sombre des chimpanzés. Ceux-ci peuvent être aggressifs et chassent les plus petits singes, comme le colobe, pour se nourrir. Un groupe de chasseurs chimpanzés va isoler un colobe dans un arbre, lui coupant toute retraite, avant que l’un d’entre eux monte dans l’arbre pour tuer sa proie. Ils le partagent ensuite entre eux. D’après Jane Goodall, un tiers de la population de colobes est ainsi dévorée chaque année par les chimpanzés.

Elle a observe également une véritable guerre qui oppose la communauté des Kasakela à celle des Kahama, qui dura de 1974 à 1978. La guerre débute le 7 janvier 1974, quand un groupe de six males Kasakela tend une embuscade à un male Kahama qui se nourrissait dans un arbre. Ils utilisent des armes, le tuant à coups de pierre, et célebrent leur victoire en agitant des branchages. Il s’agit de la première observation scientifique de chimpanzés tuant délibérément un de leurs congénères. Au cours des quatre ans qui ont suivi, tous les mâles du clan Kahama sont tués, et les femelles soit tuées, soit kidnappées. Par nos mauvais côtés aussi, nos cousins chimpanzés nous ressemblent beaucoup plus que ce que l’on pensait…

Jane Goodall Institute

En 1977, Jane Goodall crée le Jane Goodall Institute, qui supporte la recherche dans le Parc National de Gombe, et est effectif dans la protection des chimpanzés et de leurs habitats. L’institut pilote également le programme d’éducation et de préservation Roots & Shoots, présent dans plus de 140 pays et impliquant près de 150.000 jeunes. Roots & Shoots forme les professeurs et les aide amener leurs étudiants à développer leurs propres projets au service de leurs communautés.  Les participants sont encouragés à identifier les problèmes qui affectent les habitants, les animaux et l’environnement, et à travailler pour y apporter une solution. Le programme insiste sur l’importance d’utiliser des méthodes scientifique et technologiques dans le cadre de ces projets.

Le Dr. Jane Goodall et un groupe de membres de Roots & Shoots, Salzbourg, Autriche
Le Dr. Jane Goodall et un groupe de membres de Roots & Shoots, Salzbourg, Autriche

Influence Positive

L’influence positive de Jane Goodall se fait ressentir tous les jours. D’une part par son étude unique des chimpanzés, qui a fait prendre conscience à l’humanité que les animaux étaient finalement beaucoup plus proches de nous que ce que nous pensions. Certains d’entre eux sont capables de sentiments, de réflexion, d’émotions, exactement comme nous.

D’autre part, grâce au travail journalier du Jane Goodall Institute et de Roots & Shoots qui participent à l’éducation de milliers de jeunes, en les encourageant à se prendre en main et à mettre en place leurs propres projets pour résoudre les problèmes qu’ils identifient. L’influence positive et l’action concrète, voilà bien les valeurs que l’on admire chez RSPCT ! Jane Goodall mérite bien d’être qualifiée d’influactrice

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