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Michael Collins, le troisième homme d’Apollo 11

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Michael Collins
Michael Collins en 1969 (source: NASA)

Michael Collins nous a quitté ce 28 avril 2021, à l’âge respectable de 90 ans. Son nom ne vous est peut-être pas familier si vous n’êtes pas passionné par l’histoire de l’exploration spatiale, mais tout le monde connait son aventure. Michael Collins était en effet « le troisième homme » de la mission Apollo 11, celle qui emmena Neil Armstrong et Buzz Aldrin fouler pour la première fois le sol lunaire.

La Mission Apollo 11

Pendant ce temps, Michael est resté dans le module de commande, seul en orbite autour de notre satellite pendant presque 24 heures. Son rôle en tant que pilote de ce module de commande et de service Apollo est à la fois simple et crucial : récupérer Armstrong et Aldrin lorsqu’ils quittent la surface de la lune, et les ramener vivants sur terre…

A 3.200 kilomètres de ses deux collègues et à plus de 350.000 kilomètres du reste de l’humanité, Michael Collins est décrit à l’époque comme la personne la plus solitaire du monde. Mais il n’en souffrira pas. Plutôt que de la solitude, il déclare avoir éprouvé de l’anticipation, de la satisfaction, de la confiance et de l’exultation. Très inquiet également pour la sécurité d’Armstrong et d’Aldrin, il redoutait par-dessus tout devoir rentrer seul sur terre, comme seul survivant de la mission. Il n’était d’ailleurs pas le seul à envisager cette éventualité. Le président Nixon a fait préparer un discours en cas d’échec de la mission Apollo 11. Ce discours n’a heureusement jamais été prononcé, mais le texte a été retrouvé…

Module Lunaire
« Reverse Selfie » L’intégralité de l’humanité figure sur cette photo, sauf le photographe (Michael Collins)

Rendez-vous en orbite lunaire

A priori, on peut se demander pourquoi se donner autant de mal pour envoyer trois hommes jusqu’à la lune, pour que finalement l’un d’entre eux s’arrête à quelques dizaines de kilomètres du but. La raison est liée au type de mission spatiale qui a été choisie par la Nasa pour le programme Apollo. En 1959, l’agence spatiale américaine lance des études pour déterminer les techniques permettant d’envoyer des hommes sur la Lune. Trois types de missions se dégagent :

  1. L’envoi direct d’un vaisseau sur la Lune. Un vaisseau unique est envoyé depuis la Terre, se pose sur la Lune, redécolle et revient. Ce scenario nécessite une fusée de très forte puissance pour envoyer le vaisseau complet jusqu’à la Lune.
  2. Le rendez-vous orbital autour de la Terre (Earth Orbit Rendez-vous ou EOR). Un vaisseau unique est également utilisé pour aller jusqu’à la Lune et en revenir. Mais le vaisseau est assemblé en orbite autour de la Terre, et plusieurs fusées de moindre puissance peuvent donc être utilisées pour lancer les différents composants.
  3. Le rendez-vous en orbite lunaire (Lunar Orbit rendez-vous ou LOR). Une seule fusée est utilisée, mais le vaisseau se divise en deux une fois l’orbite de la Lune atteinte. D’une part un module lunaire, qui atterrit avec une partie de l’équipage sur la Lune et en redécolle une fois la mission terminée. Et d’autre part le module de commande, qui reste en orbite autour de la Lune et qui assure le retour des astronautes jusqu’à la Terre.

Le LOR est la solution qui a le moins de partisans au début en raison de la complexité des manœuvres à effectuer. Mais le gain en poids, et donc en combustible fera finalement pencher la balance en sa faveur. La robotisation des années soixante n’est pas celle que l’on connaît aujourd’hui, et le module de commande nécessite un pilote. Un astronaute jouera ce rôle dans chacune des missions Apollo, et Michael Collins sera le premier d’entre eux.

La vie de Michael Collins

Michael Collins est né le 31 octobre 1930 à Rome, son père occupant le poste d’attaché militaire dans la capitale italienne. Comme son père et son frère ainé, Michael étudie à l’Académie militaire de West Point et décide ensuite de rejoindre l’US Air Force. Il cumule les heures de vol et devient pilote d’essai, avant d’être sélectionné par la NASA en 1963 dans le groupe d’astronautes 3. Michael Collins participe à la mission Gemini 10, en 1966. La mission dure trois jours, et a pour but de tester les techniques de rendez-vous et d’accostage en orbite autour de la Terre. Michael Collins devient le premier homme à effectuer deux sorties extra véhiculaires ou « spacewalks ».

C’est lui aussi qui imagine l’emblème de la mission Apollo 11, un aigle Pygargue à tête blanche, symbole de Etas-Unis, se posant sur la Lune en tenant une branche d’olivier entre les serres. Après la mission Apollo, Collins décide de quitter la Nasa pour passer plus de temps avec sa famille. Nixon le nomme Secrétaire d’Etat adjoint aux affaires publiques, mais il quitte le poste après un an. Collins devient alors Directeur du National Air and Space Museum. Il écrit également plusieurs livres, crée une société de conseil, peint, pèche et pratique le triathlon jusqu’à un âge avancé.

Apollo 11
L’équipage d’Apollo 11. De gauche à droite, Neil Armstrong, Michael Collins et Edwin “Buzz” Aldrin en 1969. Source: NASA/AP

Un influacteur de l’ombre

L’histoire a surtout retenu le nom de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin, mais le rôle de Michael Collins était tout aussi crucial pour le succès de la mission. Il fallait trois astronautes pour conquérir la Lune, et chacun a joué son rôle à la perfection en effectuant son tiers de la mission. Sans le courage et l’abnégation de Michael Collins, Armstrong et Aldrin n’auraient jamais marché sur le Lune.

Aucun projet ambitieux ne peut être mené à bien par un homme seul. Il y a toujours un partenaire, une équipe, des « hommes de l’ombre » qui œuvrent de manière parfois plus discrète mais sans qui rien ne serait possible. Michael Collins fait partie de ceux-là, et c’est pour cela que nous voulions vous raconter son histoire aujourd’hui sur le blog RSPCT. Soyons tous inspirés par cette citation de Michael Collins: « To go places and do things that have never been done before, that’s what living is all about. »

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